La bande dessinée illustre le parcours de personnalités occitanes d’origines variées et ont participé à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et toutes formes de discriminations.

Bande Dessinée
« 20 ans, Résistants »
*Titre provisoire
Sur le sauvetage de 500 enfants juifs à Moissac
Sortie prévue : Début 2024
Éditions Plein Vent
C’est une page d’histoire méconnue que celle des enfants de Moissac. Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette petite ville du Sud-Ouest a abrité une maison d’enfants juifs. 500 enfants venus de tous les coins d’Europe y ont été recueillis. Tous ont échappé à la barbarie nazie, notamment à la déportation. Étonnamment, ce qui s’est passé à Moissac est largement resté hors des livres d’histoire, mais aussi de la mémoire collective.
Et pourtant, pour que le pire n’advienne pas ici, il aura fallu que la force et le courage d’un couple d’éclaireurs israélites dirigeants de la maison, soit relayé par le soutien et le silence de toute une ville. Il aurait en effet suffi qu’une seule personne parle pour que la vie de ces enfants bascule dans l’horreur. Certains, bien sûr, à Moissac ont été reconnus « Justes parmi les Nations », mais le rôle essentiel de l’ensemble de la ville et de ses environs n’a pas lui, reçu la reconnaissance méritée.
Le maire de l’époque, l’ensemble de la municipalité, les habitants, les professeurs, les paysans, tous ont participé au sauvetage de ces enfants. Certains de manière active et militante, d’autres en se taisant, tout simplement. Car la présence des enfants juifs n’était ici ignorée de personne.
Ils allaient à l’école dès que leur niveau de français le permettait, ils se promenaient, jouaient dehors, nageaient dans le Tarn, pratiquaient leur religion.
Le maire de l’époque avait donné le ton en demandant à toute la population d’accueillir les réfugiés et en mettant à la disposition de Shatta et Bouli cette maison, devenue pour tous « la maison des enfants de Moissac ». Et quand, en 1943, la zone libre ne l’a plus été, les enfants ont tous été cachés dans des familles alentour. La plupart du temps chez des paysans, où ils ont passé le reste de la guerre.
Pour avoir longtemps cantonné le terme Résistance au seul domaine militaire, on oublie que le mot pouvait revêtir un autre sens dans un continent qui étouffa sous la loi nazie. Le sauvetage fut, on le sait, une forme éminente de Résistance. La solidarité d’une certaine France, celle des héros anonymes bien étonnés qu’on put les qualifier aujourd’hui de héros, ces artisans, ces employés, ces ouvriers, ces prêtres et ces pasteurs qui ouvrirent leur porte, cachèrent adultes ou enfants, secoururent au bon moment ou prévinrent du danger imminent.
Au-delà de l’histoire qu’elle raconte, la BD espère contribuer au maintien de la mémoire vivante de la Shoah, contre le négationnisme et l’oubli de ces événements, persuadée que l’étude de la Déportation et de la Shoah a un intérêt universel, qu’elle peut donner à tous, aujourd’hui et demain les moyens de réfléchir et de résister aux tentations racistes, xénophobes et totalitaires.
Pierre-Roland Saint Dizier (scénariste)
Andrea Mutti (dessinateur)

