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Soigner

D’hier à aujourd’hui, la faculté de médecine de Toulouse a toujours diplômé des hommes et des femmes venus d’ici et d’ailleurs. Dès le XVIIIe siècle, des étudiants catalans fuyant la guerre de succession d’Espagne et boycottant l’université de Cervera, mise en place par le roi d’Espagne Philippe V de Bourbon en lieu et place des traditionnelles universités catalanes, trouvent refuge à Toulouse qui leur ouvre les portes de l’université de médecine.

La liberté d’enseigner quelles que soient l’origine et la foi

Au Moyen-Âge, Montpellier, est un creuset de migrations : fuyant l’Espagne des Almohades, de nombreux médecins juifs s’y réfugient depuis 1148, y rencontrant d’autres maîtres versés dans les médecines italiennes et maures. Dès lors, les écoles médicales de la ville vont rayonner sur l’ensemble du monde connu. La liberté d’enseigner la médecine quelles que soient son origine et sa foi crée les conditions d’une transmission des savoirs juifs et arabes aux Chrétiens, permettant l’épanouissement de la médecine dans la cité et favorisant la constitution d’une science indépendante.

Tout homme quel qu’il soit et d’où qu’il soit… pourra diriger une école de médecine.

Guilhem VII

La maternité d’Elne

En 1939, face à la mortalité infantile très élevée dans les camps de fortune qui rassemblent notamment les exilés d’Espagne, le Secours Suisse décide l’ouverture d’une maternité. Élisabeth Eidenbenz, jeune institutrice, prend la tête de ce nouvel établissement en aménageant, à Elne, un château à l’abandon. À ses côtés, des sages-femmes et de jeunes accouchées viennent en renfort, afin de permettre aux femmes arrivées à terme et vivant dans les camps de donner la vie dans les meilleures conditions possibles.

La Maternité Suisse d’Elne permettra la naissance dans la dignité de près de 600 enfants, dont les mères espagnoles, juives apatrides ou tsiganes peinaient à survivre dans les camps.

Jusqu’en 1944, la maternité devient un lieu d’accueil et de refuge, malgré la surveillance de la Guestapo. Élisabeth Eidendenz a reçu, en 2002, le titre de « Justes parmi les Nations » pour son action d’aide et de sauvetage : « J’ai fait ce que ma conscience m’a recommandé de faire et c’est tout. Il fallait le faire, c’était nécessaire et c’est notre conscience qui nous le dictait ».

La faculté de médecine de Montpellier a aujourd’hui plus de 800 ans.

C’est la plus ancienne école de médecine encore en exercice du monde.

Elle tire notamment sa renommée de la période du Moyen-Âge où Guillaume VIII de Montpellier va favoriser l’essor de la médecine en permettant à tous d’enseigner la médecine quelles que soient son origine et sa foi.

Hôpital clandestin de Magnagues

Les services de soins ont toujours été en première ligne contre la haine et le fascisme, prêt à prendre en charge toute personne sans distinction d’opinion, de croyance ou de race.

L’hôpital clandestin de Magnagues dans le Lot en est le parfait exemple.

Au cours de l’été 1944, la Résistance évolue et gagne en organisation.

Alors que les affrontements militaires contre les Allemands s’intensifient, la lutte armée prend de l’ampleur.

Des résistants sont blessés et ont besoin d’une prise en charge médicale immédiate. Le maire de la commune de Carennac met à disposition le presbytère de Magnagues qui était alors inoccupé afin d’accueillir les blessés. Malgré le manque d’équipement, l’hôpital de fortune voit le jour avec le jeune interne Georges Lachèze à sa tête.

Hôpital Varsovie solidarité médicale antifasciste

Il y a 80 ans, près d’un demi-million de réfugiés Espagnols, essentiellement antifranquistes franchissent les Pyrénées en 1939 après la chute de la République. Cette population jouera un rôle important dans la lutte contre l’envahisseur nazi en France, devenu leur pays d’accueil.

Après la Libération, en Octobre 44, les républicains Espagnols mettent au point un plan de « reconquista », qui avait comme objectif de renverser la dictature franquiste. Ce plan va échouer après des affrontements (essentiellement au Val d’Aran).

Les malades et les blessés seront rapatriés vers Toulouse, ou un groupe de soignants (médecins et infirmiers) s’organisent dans un Hôpital improvisé, au 15 de la rue de Varsovie (de « verso vin » en occitan) dans le quartier de Saint Cyprien. Cet hôpital, d’abord « militaire », sera ouvert à tous, combattants, résistants puis civils. Ce lieu servira également de lieu de formation pour le personnel soignant avec une philosophie résolument tournée vers la solidarité et le droit pour tous d’être soigné, comme le résume le Dr. Bonifaci (l’un des directeurs) : « Nos idéaux s’opposent à une médecine commerciale ».

En septembre 1950, l’État français déclenche une opération baptisée « Bolero-Paprika », qui va rafler plus de 350 étrangers (dont 250 Espagnols) suspectés d’être une « Cinquième Colonne ».

Les médecins de l’hôpital en feront partie.

Grâce à l’intervention rapide d’une équipe médicale polyvalente autour du Pr. Joseph Ducuing, l’hôpital restera en activité sous une forme renouvelée, et cela malgré de grandes difficultés administratives.